(Extrait de Little Miss Sunshine, très bon film, au passage. Et ça, c'est une musique qui vous reste en tête, et qu'on danse en étant so sexy, ouh yeah babe, même toi, même moi! ^^ )

... At the façon of Maya?
Ayé, j'ai récupéré mon ordi.
Et quelques sarcasmes, au passage.
Je me suis posé chez moi, et j'ai fait un petit bilan fort intéressant, croyez-moi. En l'espace d'un an, j'ai...:
- complètement destroy un ordi portable "de pointe". (le susnommé plus haut.) Je contemple actuellement ses entrailles, et tout l'avenir que je peux y lire se limite à: destination décharge,
pour le moment. Ouais, le monsieur qui me l'a analysé ne l'a même pas refermé. Vous imaginez un peu, si les docteurs des humains agissaient pareillement? "Ah nan monsieur, désolé, on peut plus
rien faire, là. Vous refermer? Mais pour quoi faire, ça va pas vous arranger, de toutes façons!"
- réduit un téléphone portable à l'état de loque aveugle. Ah, ce n'est pas qu'il ne fonctionne plus (il a essayé de se mettre en grève, le vilain, mais je l'ai remis sur le droit chemin,
naméwo!), mais il ne me présente plus qu'un écran tout bleu. Uniformément bleu, je veux dire, donc pas moyen de lire ses messages, de sélectionner un numéro dans mon répertoire, de savoir qui
m'appelle pour juger si je décide ou non de décrocher... Heureusement, ma grand-maman m'en a prêté un, avec qui je m'entends bien. Même quand il est en rade de batterie, il me laisse biper les
gens. Je l'aime.
- donné un sacré coup de vieux à ma StationdePlayDeux (non, ne citons pas de marques, voyons voyons!). Elle n'accepte plus que certains jeux, lit les DVD quand elle en a envie, et encore, pas
tous, et pas forcément jusqu'à la fin du film... Elle a du mal à fermer son clapet, elle s'échauffe vite et fait beaucoup de bruit... Une vraie vieille chose, quoi!
- après avoir triomphé de la mort de mon appareil photo, et m'en être vanté, la Faucheuse s'est subrepticement glissée derrière moi pour couper définitivement le fil de la vie de la pauvre boîte
à images. Et là, j'en suis terriblement frustré. J'ai eu beau tout essayer, rien n'y fait, son oeil cyclopéen refuse de s'ouvrir à nouveau sur le monde pour en capturer l'âme. A la rigueur, je
peux encore m'en servir comme maracas, vu le bruit qu'il fait quand je bouscule son cadavre par inadvertance...
- même ma GameGarçon s'y met. (Que voulez-vous, après avoir épuisé tout ça, 'fallait bien que je me rabatte sur quelque chose...).Elle me crypte les disquettes, refuse d'ajuster le son, et même,
prend un plaisir sadique à se redémarrer toute seule en plein milieu de parties (non sauvegardées, bien entendu, sinon, s'pas drôle!)
Conclusion:
- soit je suis maudit par la Sainte de l'Informatique et produits assimilés (je sais qu'il en existe une, mais j'me souviens plus de son nom...)
- soit, comme l'a si judicieusement souligné le vendeur avec un sourire niais, j'ai un "fluide" avec les machines (" Nan mais vous savez, c'est une question de magnétisme, y'a des gens comme
ça..."). Donc soit je refuse d'attirer les gens, soit je deviens un gros geek, selon sa conception de la chose. Le choix est cornélien, j'avoue...
- soit, dernière solution mais non des moindres, j'ai passé définitivement trop de temps avec Maya et elle m'a contaminé... Ce qui me ferait bien rire (quoique), ce serait qu'elle n'ait plus
de problèmes avec les ordis et toussa toussa, elle.
(Et voilà pourquoi j'ai la musique de "CrashWindows" dans la tête tout le temps, en ce moment."PLANTé! Crash, crash,... ")
T. est allongé.
Dure et chaude est sa couche de bitume, glaciales et amères sont ses pensées...
Rien n'existe autour de lui. La fraîcheur de l'air, le parfum âcre de la peur, les bips affolés, tout ça est vide de sens. Seule, étouffant toutes ses perceptions, rugit en lui la douleur. Et
encore, douleur est un bien faible mot... Il voudrait hurler, chaque parcelle de son corps est comme à vif, comment puis-je encore être conscient, c'est pas possible, achevez-moi, bordel!
T. essaie de se recroqueviller. Réflexe insensé, souvenir inconscient de la position protectrice, faire le foetus...Quelque chose lâche en lui. Violemment. Une nouvelle onde de souffrance le
cabre, si puissante qu'il sent l'émail de ses dents se fendiller pour les avoir serrées trop fort. Pense à autre chose, T., concentre-toi, en attendant que quelqu'un vienne t'aider...
Comment tout cela a-t-il bien pu se produire?
Il aurait tellement voulu oublier.
Mais il se souvient...
La première fois qu'il s'est rendu compte que quelque chose n'allait pas. Même tout petit, il le sentait, bien qu'il ne sache se l'expliquer. Jamais il n'avait été comme les autres, mais
là... C'était encore autre chose. Il ne pouvait pas être aussi insouciant avec ça qu'avec le reste. Mais il a fait de son mieux pour le cacher. Après tout, ce qu'il avait, ce n'était
pas marqué sur son visage, non? Et tant qu'il avait le contrôle de lui-même...
Les années filèrent, et ce scellé resta précieusement secret. Il avait appris. D'une timidité farouche, qui provoquait les caïds de son collège, l'attention insupportable des adultes et la
compassion moite des autres élèves, il était passé à une furieuse exubérance au verbe cruel, carapace hérissée maintenant à distance les importuns. Sa folie intimidait, ses piques acérées
déconcertaient. Et son trésor perdura.
Plusieurs fois, il eut envie de se confier.
Plusieurs fois, certains ne se laissèrent pas duper par cette facade.
A chaque fois, il se tut. La confiance est une preuve de faiblesse, non? Se décharger de son fardeau, c'est ouvrir une brèche béante jusqu'à soi. Il n'avait pas besoin de ça, non,
merci...
Vint le temps des amours. Encore, il dut se réfréner. Il ne pouvait pas porter sa différence en bannière, haut les coeurs et j'vous emmerde les gens, non, pas là. Une relation implique de
s'ouvrir. Mais comment concilier cette ouverture et le coffre-fort qui lui servait de coeur? Le sourire goguenard, il regardait les autres. Ces autres auxquels il aurait tellement voulu
ressembler, bien qu'il ne l'aie avoué pour rien au monde... J., son ami, dans les bras de nombreuses filles. L., si jolie, si intelligente, enfin, si parfaitement à son écoute, qu'il avait
poussée dans ses bras, lassée de son silence obstiné... Il les avait perdus tous les deux.
Jamais il ne s'était autant maudit. Comment assumer ce poids, ce que tous considèrent comme une tare? Il se refusa de plus en plus au monde extérieur, ne vivotant que la nuit, balloté entre
drogues, coups de déprimes et relations éphémères, souvent avec ces personnes que l'on appelle les professionelles de l'amour... Ce monde superficiel était son essentiel. La lumière qu'il avait
en lui, tout ce qu'il aurait voulu partager trouvait son parfait reflet, ici...
Et c'était arrivé. Il l'avait trouvée. L'entité avec qui il voulait partager sa vie. Ce fut comme une trouée de lumière aveuglante dans la noirceur de son existence. D'abord amis, ils ne
faisaient que rire, échanger, tout simplement, des moments anodins, basiques, communs à tous: une petite vieille qui passe devant vous à la caisse, un feu rouge grillé, les aléas de sa vie
amoureuse... Mais T. sentait bien qu'il y avait beaucoup plus, de sa part. Il était beaucoup trop attiré...
Après une grande inspiration, il s'était jeté à l'eau.
"Je t'aime."
Il s'était fait planter là. Pas un mot, pas une réponse, ni acquiescement, ni refus. Rien d'autre qu'une abscence brusque et douloureuse. Il était rentré, penaud...
A quelques rues de chez lui, alors qu'il ruminait ses sombres pensées, une main s'abattit sur son épaule.
"Je euh... Excusez-moi, je parle pas très bien le français... Vous pouvez m'aider à aller là?"
Le doigt pointé sur la carte, une zone plutôt connue. T. n'est pas très doué pour se repérer, et s'embrouille dans ses explications... L'homme à l'accent anglais passe son bras sous le sien.
"Emmenez-moi!"
Après tout, pourquoi pas...
Mais ce n'est pas T. qui mène la marche. C'est lui qui se fait mener. Battements de coeur en pleine accélération. Mais qu'est-ce qui m'a pris, nan mais franchement, n'imp! Il essaie de se
dégager, mais la prise de l'inconnu est ferme et, soyons honnêtes, T. n'a pas une carrure qui lui permette de lutter contre quelqu'un d'autre qu'un enfant de cinq ans. Il préfère ne pas
questionner, de toutes façons, à quoi ça l'avancerait?
Un endroit calme. Cinq types. Battes, barre à mine et poings américains. Une chance de me défendre, peut-être? Le genou du pseudo-anglais qui vient s'enfoncer dans son ventre lui sert de réponse.
Le souffle coupé, T. ne peut plus que s'écrouler et se protéger comme il le peut, pas le visage, surtout, pas le visage... Tout en lui hurle, les os se broient, les muscles se tétanisent... Ses
pomettes, sur lesquelles si peu de baisers se sont déposés,sont dépouillées de leur peau et exposent la blancheur de l'os. Sa frêle carcasse part en lambeaux...
Alors qu'il cherche sa respiration, un de ces trucs se penche sur lui. Il lui chatouille délicatement les côtes, les enfonçant plus profondément dans ses poumons.
"Tu choisiras mieux qui tu aimes, petit con."
Lui qui craignait tant de faire le mauvais choix...
Combien de temps a bien pu passer depuis? Une éternité qu'il suffoque... Seule fierté: il a résisté... Sa vessie le torture, mais il a résisté. Bien piètre consolation... Mais il s'épuise. Son
sang ne coule plus... Peut-être parce qu'il n'en a plus?
Dernière grande inspiration. Au moins, cette fois, il en aura fini avec ces cachotteries... Ils lui font peut-être un grand cadeau, en le délivrant... Et au moins, il avait aimé, pour de vrai,
cette fois....
Ironiquement, il se demande ce que contiendra son certificat de décès. Un dernier sourire étire ses lèvres craquelées. Et si ça révélait son grand secret, au grand jour?
"T., jeune homme de X années. Cause de la mort: a vécu en homosexuel."
(J'ai appris y'a peu de temps qu'il existe une journée contre l'homophobie. Connerie aussi grande que la journée de la Femme. Tous les jours sont leurs journées.)
Pas le temps+ flemme d'écrire= attention les noeils. Ceci est un avertissement, ne regardez pas plus bas si vous vous attendez à une oeuvre d'art ^^ J'suis super-débutant, donc merci de pas être
trop violent avec moi! (Ceci dit, j'veux bien m'améliorer, alors si vous avez des tuyaux, j'suis preneur... Pas de tuyaux d'évacuations, hein. Ouais, j'te vois venir, toi là-bas!)
Allez, assez tergiversé...

Pile:
Je réussis à boucler le séminaire contenu-d'un-semestre-en-deux-semaines avec le diplôme, ce qui serait un premier pas vers le départ en Allemagne; accessoirement je pourrais finir l'année avec
au moins 12,5 de moyenne, ne pas passer le rattrappage et me barrer à Mayence.
Je vais comprendre l'Allemand sans avoir aucun problème, de vocabulaire ou autre, et, mieux, je le parlerais sans aucune faute de grammaire.
Un employeur va enfin me répondre, et, par conséquent, je vais avoir un revenu fixe, qui va me permettre de payer mes loyers de retard et d'éviter la saisie, ainsi que de faire plaisir un peu
autour de moi, pour changer.
Et mes nouvelles relations iront en s'épanouissant magnifiquement. Encore plus que maintenant. Je me sens revivre, c'est que du bonheur.
Face:
Le contraire...
Une, deux, trois... *Ting!*
(Pourvu qu'elle ne tombe pas sur la tranche...)
(Et moi, petite fleur, je n'ai rien d'intéressant à dire. ^^)
Comme il paraît que c'est la tradition, pour la nouvelle saison, je voulais faire un grand ménage. Mais tout le monde, il fait rien qu'à m'embêter... Première étape: tenue réglementaire.
Jean pourri et troué, T-Shirt informe, sans manches et sans réelle couleur. L'homme le plus sexy de la Terre, c'est moi, pour l'instant. Mon imagination en profite pour rajouter son grain de sel
(Nan, c'est nu sous un tablier à fleurs, avec des gants en latex jaune et un plumeau rose, la tête couverte d'un châle de mémé, que tu serais irrésistible.) Gna gna gna. Par automatisme,
je fais le geste de relever mes manches, mais en vain, évidemment. Ca commence bien...
Coup d'oeil sur la première pièce de l'appart'. Bon, on fera ça plus tard... Direction, la chambre. Pour commencer, il faudrait faire de la place, donc, on s'attaque aux cartons? D'accord, ça
marche! Première surprise: en ouvrant lesdites boîtes, je constate que la plupart sont à moitié vide... En fait, ce sont surtout des livres. Enorme soupir, en rêvant au jour où j'aurais une pièce
que je pourrais appeler une bibliothèque. Mais, ça et là, dépassent des feuilles. Etrange... Je les sors. Naïvement, je viens de tomber dans un des plus gros pièges qui puisse exister: le passé.
Des mots qui remontent à la première, à la terminale. Sourire indulgent (Mais qu'est-ce qu'on était cons à l'époque...) et un peu de regret, aussi (Oui, mais c'était tellement bon,
d'être cons!).
Et me revoilà à tout lire, ces petits bouts de papier qui ont meublé mes heures de Littérature, d'Histoire, et surtout de Maths... En voyant le tas que ça fait, je me demande encore par quel
miracle j'ai eu le Bac. Enfin. Les histoires du passé reviennent danser devant mes yeux, nos amours déçus, nos petits soucis, tellements ridicules en les revoyant maintenant, mais qui nous
minaient réellement... C'est étrange, aussi, comme ces si fragiles supports ont été les bases de tant de relations, du copinage banal aux grandes amitiés...
Un coup de téléphone m'arrache à mes souvenirs.
- Alors, qu'est-ce que tu fais, rascasse?
- Je range, grognasse.
- P'tit con.
- Dondon.
- Babache.
- Peau d'vache.
(Un quart d'heure plus tard... J'abrège, et j'mets pas les plus pires, pour les chastes oreilles!)
- Bon, 'faut que je raccroche. J'ai un message. Ravi d'avoir fait de la poésie insultative avec toi, Mimi Cracra.
- Tout le plaisir fut pour moi. On se parlera pour de vrai plus tard! Bises, Boule de Gras!
Le cerveau un peu surchauffé par ces longues minutes de recherches de rimes désavantageuses, je regarde qui m'a sauvé des hormones bouillonantes et légèrement agressives de mon amie. La saison
doit la détraquer, elle d'habitude si gentille... Bon, peut-être pas tant que ça, mais pas à ce point-là non plus! Petite enveloppe qui clignote narquoisement sur l'écran. Allons-y... Je regarde
par la fenêtre, la vraie, en attendant que le texte s'affiche sur la fenêtre, la fausse, la lucarnette de mon portable. Le 21 mars est passé, et pourtant, il neige à gros flocons. Doute. Suis-je
bien en France?
"slt dispo pr plan?"
Ni bonjour, pas même de nom ni rien... Même pas l'effort d'écrire ces quelques mots comme il le faudrait. Droit au but. Bestial, un peu! Je ne me donne même pas la peine de répondre. J'apprécie
très peu de n'être qu'utilitaire, et encore moins d'être considéré comme un bout de viande.
Pas de doutes... Le printemps est là...
(Démotivation complète et instantanée. J'ai encore des mois pour ranger tout ça. Eh oui, le bordélisme, c'est tout un art de vie!)